Préparer son corps pour préparer la scène
Développer ses muscles pour développer sa voix
Le « corps » qu’on nous réclame dans une voix, en termes de timbre, c’est en réalité du muscle qui n’a pas été développé pour soutenir la voix elle-même.
L’ENTRAÎNEMENT PHYSIQUE AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT VOCAL
Ce que la science affirme aujourd’hui, elle le prônait déjà
Quand un professeur dit à un chanteur qu’il manque « du corps » dans sa voix, il parle de timbre. Il décrit une sensation. Ce qu’il désigne sans le nommer, c’est un muscle qui n’a jamais été développé pour soutenir la voix. Pas un don manquant : du tissu à construire.
Adeline Toniutti est avant-gardiste de la technique vocale : elle a prôné avant tout le monde ce que la science nous affirme aujourd’hui.
Il y a plus de dix ans, elle enseignait déjà que le renforcement musculaire et le cardio ne sont pas des à-côtés du chant, mais une partie du travail vocal lui-même. À l’époque, en France, cela passait pour une excentricité. Depuis, les ORL, les chirurgiens de la voix et la recherche ont donné raison à cette lecture, et les États-Unis en ont fait un sujet public.
De là découle toute la position du CALYP : le coaching vocal doit se recentrer et se connecter à l’entraînement physique. L’un ne va pas sans l’autre.
Le « corps » qu’on nous réclame dans une voix, en termes de timbre, c’est en réalité du muscle qui n’a pas été développé pour soutenir la voix elle-même.
JOHNNY, 2012
Il l’a dit au micro, et on a continué à enseigner l’inverse
Printemps 2012. Johnny Hallyday prépare la tournée qui s’ouvre le 14 mai à l’Arena de Montpellier. On lui demande comment il s’entraîne, et il répond en technicien de la voix.
CE QU’IL DISAIT EN 2012
« Je m’entraîne tous les jours. Je fais pas mal de vélo, beaucoup de cardio pour le souffle et de la musculation. »
« Les abdominaux sont très importants pour la voix. Il faut chanter du diaphragme et du bide et pas de la gorge. »
« Quand des mômes me demandent des conseils, la première chose que je dis, c’est de chanter avec le ventre. Si on se met à chanter fort avec la gorge, après quatre titres, on est aphone. »
Johnny Hallyday · en préparation de sa tournée 2012

Ce n’était pas une lubie de tournée. Pour ne pas interrompre le travail sur la route, il faisait suivre un semi-remorque équipé de matériel de musculation.
Une icône française a donc expliqué, micro ouvert, que le muscle abdominal est ce qui tient une voix après le quatrième titre. Quatorze ans plus tard, une bonne partie de l’enseignement du chant en France commence encore le cours par « détends ton ventre ».
LE MÉTRAGE
Un stade, c’est une piste d’athlétisme avec des projecteurs
On parle de « la scène » comme d’un lieu. C’est d’abord une distance. L’Olympia accueille 2 824 personnes en configuration concert. Le Stade de France dépasse les 80 000, sur une pelouse de 105 mètres de long. La Plenitude Arena de Nanterre, rebaptisée le 1er juillet 2026, monte à 45 000 places et reste la plus grande salle couverte d’Europe.
Le chiffre qui compte pour un chanteur n’est pas la jauge, c’est l’ouverture de scène et la longueur de passerelle qu’il devra parcourir en chantant. Ces données existent : les studios de scénographie qui construisent ces tournées les publient.
| Tournée | Métrage de scène documenté | Ce que cela représente en chantant |
|---|---|---|
| Taylor Swift The Eras Tour | Scène occupant toute la largeur de la pelouse, prolongée par une passerelle de 130 pieds, soit environ 40 mètres | Un aller-retour sur la passerelle fait 80 mètres. Sur un spectacle de plus de trois heures et une quarantaine de chansons. |
| Beyoncé Renaissance World Tour | Anneau de passerelle de 137 pieds de diamètre, soit environ 42 mètres, autour de la scène B. Façade vidéo de 15 mètres de haut | Un tour complet de l’anneau fait environ 131 mètres, en dansant, avec la chorégraphie et les danseuses. |
| Madonna The Celebration Tour | Scène circulaire prolongée par un réseau de passerelles en cinq branches, dessiné comme le plan de Manhattan | Cinq directions à desservir dans la soirée, en alternant chant et déplacement. |
| Pink Summer Carnival | Scène de stade équipée d’un système de vol quatre points, entrée en bungee depuis une bouche LED | Une partie du répertoire est chantée en vol, suspendue au-dessus du public. |
Sources : dossiers de production Stufish et TAIT pour Beyoncé, Madonna et Pink, analyses de production pour l’Eras Tour. Toutes les tournées ne publient pas leurs cotes. Quand le chiffre n’existe pas publiquement, il n’est pas inventé ici.


Traverser quarante mètres de passerelle en tenant une phrase demande déjà du cardio. En faire le tour en dansant demande un athlète. Et même sans passerelle, marcher sur le plateau pour animer le public est un effort qui se paie sur le souffle.
Le protocole est ancien. Michelle Williams a raconté l’entraînement des Destiny’s Child sous la houlette de Mathew Knowles : chanter en courant sur un tapis, pour que la voix tienne en live. C’est de là que vient la fameuse image de Beyoncé qui chante en courant.
Taylor Swift a préparé l’Eras Tour pendant six mois. Chaque jour, tapis de course, en chantant toute la setlist à voix haute : « vite sur les morceaux rapides, jogging ou marche rapide sur les lents ». Renforcement et conditionnement à la salle Dogpound, trois mois de danse avec la chorégraphe Mandy Moore. Son propre bilan : « pour la toute première fois, je me suis préparée physiquement correctement ».

Pink fait une heure de cardio et une heure de yoga avec ses danseurs avant presque chaque concert, et le dit sans détour : « parfois je me sens plus athlète que chanteuse ». En tournée, elle compte environ quatre heures et demie de travail physique par jour, les deux heures de show comprises, plus la vérification du harnais dans lequel elle chante en vol. Lady Gaga s’entraîne cinq fois par semaine, trente-cinq minutes par séance, avec Harley Pasternak, et chante sur le VersaClimber, c’est-à-dire pendant l’effort. Madonna travaille six jours sur sept avec Craig Smith : intervalles Tabata, Pilates, yoga, barre, kickboxing.


Mylène Farmer a construit son endurance avec le préparateur physique Hervé Lewis : course, musculation, massages, alimentation à base de sucres lents. En préparation de tournée, deux à trois heures de travail physique par jour, avant même les répétitions de chorégraphie. Le rythme raconté par les artistes est presque toujours le même : une à deux séances par semaine au départ, puis trois, puis cinq, et un relâchement juste avant la première date.

Oui, c’est esthétique. Les tenues sont assez dénudées, c’est une histoire de sex-appeal qui fait rêver, ça vient de l’industrie du rêve. Mais en même temps, c’était aussi pour tenir une scène.
LA MONTÉE EN CHARGE
Six mois avant, et progressivement
Estelle Moltenis est masseur-kinésithérapeute diplômée d’État, spécialisée en kinésithérapie du sport. Elle suit des sportifs de haut niveau, notamment dans le football professionnel et sur le circuit ATP, à Roland-Garros et à Wimbledon. Au CALYP, elle accompagne les chanteurs sur la préparation corporelle, la posture et la récupération.
Sa règle pour une tournée : commencer six mois avant au minimum, et monter progressivement. On augmente ensuite le rythme de travail, jusqu’à cinq séances par semaine, puis on relâche avant la première date.
Ces séances sont en dehors des séances de danse. Un artiste qui danse a déjà ses répétitions de chorégraphie, plus ses séances de coaching vocal. Le sport s’ajoute, il ne remplace rien.
Et comme pour tout sportif de haut niveau, l’autre moitié du protocole compte autant : massage et ostéopathie, faits dans les règles de l’art.
Les chanteurs sont des athlètes de haut niveau de la voix.
LE LYRIQUE SE RÉVEILLE
Le mythe de la Castafiore s’effondre, et il s’effondre d’abord aux États-Unis
Le chant classique a longtemps vécu sur une croyance inverse : le mythe de la Castafiore, qui n’aurait pas besoin de faire de sport pour tenir ses vocalises. La voix comme un don qui se pose sur un corps, et qui pourrait s’en passer.
Adeline Toniutti enseigne le contraire, et ce qu’elle observe aujourd’hui est un réveil international.
Selon les médecins spécialistes de la voix qui travaillent avec elle, Adeline Toniutti a été l’une des premières au monde à faire ce lien entre renforcement musculaire, cardio et technique vocale, il y a plus de dix ans. Ce sont aujourd’hui les États-Unis qui le reprennent. La France, elle, est en retard.
Merci à ceux qui le montrent
Deux publications, envoyées par Adeline elle-même, disent la chose mieux qu’un long paragraphe.
Jennifer Rowley (@larowley1), soprano dramatique américaine, fondatrice de l’Aria Bootcamp.
Ses mots : « On continue de dire aux chanteurs d’opéra qu’ils ne devraient pas soulever de fonte. Pendant des décennies, on nous a appris que la musculation allait serrer la voix, gêner la respiration, limiter la liberté vocale. Mais nos voix n’existent pas isolément, elles font partie du corps. M’entraîner avec intention a fait de moi une interprète plus solide et plus résistante. Et ça ne m’a certainement pas empêchée de chanter le répertoire dramatique. Ça m’a aidée à y arriver. » On lui avait dit qu’elle ne serait jamais chanteuse dramatique. Elle a fait des abdos, et elle l’est devenue.
Maayan Licht (@maayanlicht), sopraniste, avec le Maestro Fernando Cordeiro (@fernando_cordeiro_opa).
Sa voix est incroyable, on dirait une voix de femme. Et sur cette vidéo, on le voit avec son coach en train de faire du sport en même temps qu’il chante. Sa légende : « Être chanteur, c’est comme être sportif. Il faut de la pratique quotidienne, de la concentration, de la discipline et de l’ambition pour garder la voix au meilleur niveau. »
Le message d’Adeline Toniutti à la France est là : il faut se réveiller. Avoir de la voix suppose un travail de synchronisation entre le renforcement musculaire, le cardio et le coaching vocal.
Merci à ceux qui le montrent
Bravo et merci à Jennifer Rowley (@larowley1) et à Maayan Licht (@maayanlicht), ainsi qu’au Maestro Fernando Cordeiro (@fernando_cordeiro_opa), de publier ce travail et de le rendre visible. Ce sont des comptes à suivre.
LE MUSCLE, MAIS PAS QUE
Mettre le fascia au service de la voix
Un muscle court et dur ne chante pas mieux qu’un muscle absent. Ce qui transmet le geste, entre le muscle et le son, c’est le fascia : le tissu conjonctif qui enveloppe et relie tout le corps. Dans Anatomie du Chant, la posture n’est pas seulement une affaire d’os. C’est aussi, écrit Adeline Toniutti, « une nouvelle manière d’étirer ses fascias pour avoir une réponse musculaire correspondant à ce que l’on va demander de faire à notre corps, c’est-à-dire chanter ».
C’est là qu’intervient Marie Zheng, amie d’Adeline Toniutti et thérapeute chinoise, qui a massé et accompagné des artistes avant qu’ils ne foulent le plateau de l’Opéra Garnier. Elle signe dans le livre l’un des passages les plus concrets sur le sujet.
Le massage permet l’oxygénation des tissus conjonctifs, appelés fascias, et favorise leur élasticité. Le chanteur a besoin d’un corps respirant, vibrant, de muqueuses hydratées et de trouver des axes précis dans sa posture pour avoir une grande amplitude respiratoire. Le massage vient optimiser le travail postural, l’entraînement musculaire et le travail ostéopathique.
Elle pose aussi la limite, et c’est ce qui rend son propos utilisable : « Le massage ne remplace pas une bonne technique vocale, mais accompagne idéalement un artiste dans sa récupération et aide à développer plus de souplesse pour soutenir la voix dans sa performance. »
Interrogée pendant le Colloque International de la Voix organisé par le CALYP à Milan, elle décrit son rôle auprès des chanteurs : « Je permets, par le biais de mon travail, en travaillant sur les fascias, sur le souffle, sur l’énergie, de débloquer dans le corps pour qu’Adeline puisse plus rapidement permettre au chanteur de réussir ce pour quoi il est venu. »
Mon maître-mot : la souplesse. Je suis une artiste qui se sert de l’oxygène entre ses fascias et ses muscles, et qui se met tout entière à la disposition de la Musique qu’elle doit servir.
Dans Incandescente pour toujours, Adeline Toniutti décrit le corps comme un continuum : quand on chante pleinement, « avec les fascias, celui de la gorge se prolonge de tout son long jusqu’au bout du pied », dans la souplesse et l’harmonie. C’est ce que Marie Zheng appelle « chanter dans les jambes ».
L’ostéopathe Jean-Marie Legé, qui suit lui aussi les chanteurs du CALYP, tient le même raisonnement par les fluides : là où les fluides circulent, la guérison est lancée. Muscle, fascia, circulation, ce sont trois étages du même instrument.
DANS LE LIVRE
Anatomie du Chant propose des exercices de barre classique à faire en vocalisant, pour développer à la fois la souplesse, la tonicité et la conscience de ses fascias : chanter en pratiquant des en-dedans, des en-dehors et des demi-pointes de pied, commencer un mouvement de grand écart facial, chanter en posant le pied en dehors sur le tabouret de piano. En libérant les hanches, ces exercices libèrent les piliers du diaphragme, dans lequel le psoas est imbriqué.
LA MÉCANIQUE
Pourquoi le muscle commande la voix
Les poumons n’ont pas de moteur. L’air est mis en mouvement par le diaphragme, les intercostaux, et pour l’expiration active du chant, par la sangle abdominale : transverse, obliques, grand droit.
Dans Anatomie du Chant, l’ostéopathe Jean-Marie Legé explique le rôle des obliques : ils forment un bras de levier qui permet de commander son diaphragme. Les mouvements du diaphragme amènent plus ou moins de pression dans les poumons.
C’est un ajustement de l’air, une mécanique de précision. Pas une affaire de force brute.


Illustrations © Emma Blanc-Tailleur, Anatomie du Chant, Adeline Toniutti
C’est le cœur des cinq points pivots. Et c’est pourquoi les professeurs qui enseignent « chante le ventre détendu, pas d’abdos » posent un vrai problème : cette consigne va contre la médecine et contre les dernières recherches.
Cela a peut-être fonctionné pour certains chanteurs. Sur le long terme, cela n’a pas fonctionné.
Les professeurs de chant qui disent qu’il faut chanter le ventre détendu, qu’il ne faut pas d’abdos, sont contre la médecine et contre les dernières recherches. C’est une ineptie.
QUARANTE ANS
L’âge où la facture arrive
Adeline Toniutti en parle avec les ORL et les chirurgiens avec qui elle travaille : les opérations arrivent vers quarante ans. Une carrière a été faite sur la souplesse, à l’opéra, jusque-là. À quarante ans on est plus fatigué, on récupère moins vite, et on n’a pas assez de muscles pour soutenir la voix.
Les chiffres vont dans le même sens. À partir de 40 ans, une personne inactive perd de l’ordre de 5 % de sa masse musculaire par décennie, environ 1 % par an, et la perte s’accélère entre 50 et 60 ans. Ménopause et andropause accentuent le phénomène, la chute des œstrogènes accélérant la fonte musculaire chez la femme.
Cela pourrait expliquer que des chanteurs se fassent subitement opérer des cordes vocales à quarante ans : leurs cordes ne recevaient plus un soutien musculaire suffisant. Le corps ne soutenait plus assez ce qu’on leur demandait.
Le même mécanisme s’observe, plus vite, après une grossesse. Beaucoup de femmes ont du mal à retrouver leur voix comme avant, parce qu’il y a eu une détente de la ceinture abdominale et qu’il faut refaire du muscle. Un article consacré à ce sujet, préparé à partir d’entretiens avec les médecins de la voix, sera publié prochainement sur ce site.
Et qui c’est qui trinque ? Ce sont les cordes vocales, à la fin. Ce sont elles qui ont des lésions, parce que le corps n’a pas bien soutenu.
LE POINT AVEUGLE
Faire du sport ne suffit pas. Il faut chanter pendant l’effort.
Même dans les émissions de télé-crochet, à la Star Academy par exemple, les élèves font du sport. Le problème n’est pas là. Le problème, c’est que le sport est trop souvent décorrélé de la pratique vocale.
C’est exactement ce que dit la position du CALYP : le coaching vocal doit se recentrer et se connecter à l’entraînement physique, l’un ne va pas sans l’autre. Il faut que le chanteur comprenne en quoi ses muscles lui servent quand il chante, lui. Quand on fait le sport tout seul, dans son coin, on ne voit pas forcément le lien.
D’où la consigne : chanter en faisant les mouvements du workout, du crossfit, en courant. Faire le sport en même temps. C’est ainsi que Lady Gaga utilise son VersaClimber, que Taylor Swift a utilisé son tapis, que les Destiny’s Child ont été formées.
Cela suppose des professeurs de chant formés à conduire ces séances. Or ils ne le sont jamais, sauf ceux qui vont chercher eux-mêmes cette compétence, comme les coachs des vidéos ci-dessus.
C’est ce que le CALYP enseigne, et ce pour quoi on vient de loin. Ils viennent de New York, de Los Angeles, de Corée et du monde entier pour bénéficier de l’accompagnement du CALYP.
Si on fait le sport tout seul, on ne voit pas forcément le lien avec la pratique vocale. Il faut chanter en même temps qu’on fait le sport.
EN PRATIQUE
1. Commencer six mois avant, progressivement. Une à deux séances par semaine, puis trois, puis cinq. On relâche avant la première date. Ces séances s’ajoutent aux répétitions de danse et au coaching vocal.
2. Chanter pendant l’effort, pas après. Courir, faire les mouvements du workout et du crossfit en chantant en même temps. C’est là que le chanteur voit le lien entre ses muscles et sa voix.
3. Compléter par la souplesse et la récupération. Comme pour un sportif de haut niveau, massage et ostéopathie faits dans les règles de l’art, pour l’élasticité des fascias autant que pour le repos.
Le geste vocal lui-même se travaille avec les cinq points pivots d’Anatomie du Chant. En cas de pathologie des cordes vocales, l’avis d’un ORL ou d’un phoniatre passe avant tout programme sportif.
CALYP
Travailler le corps et la voix ensemble
La méthode est dans Anatomie du Chant (Marabout, 2024). Pour la travailler avec l’équipe du CALYP : prenez rendez-vous.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que « le corps » qui manque dans une voix ?
C’est une sensation de timbre que décrivent les professeurs. Derrière, il y a du muscle qui n’a pas été développé pour soutenir la voix. Ce n’est pas un don manquant, c’est du tissu à construire.
La musculation abîme-t-elle la voix ?
Non. C’est une croyance ancienne, encore répandue en France. La sangle abdominale commande l’expiration du chant. Sans elle, la pression se reporte sur le larynx.
Faut-il chanter le ventre détendu ?
Non. Pour Adeline Toniutti, cette consigne va contre la médecine et contre les dernières recherches. Les obliques servent de bras de levier sur le diaphragme, c’est ce qui permet la précision de l’air.
Le muscle suffit-il ?
Non. Il faut aussi la souplesse. Le massage oxygène les fascias et favorise leur élasticité, ce qui optimise le travail postural et l’entraînement musculaire. Marie Zheng le rappelle dans Anatomie du Chant : le massage ne remplace pas une bonne technique vocale, il l’accompagne.
Quand commencer la préparation physique avant une tournée ?
Six mois avant au minimum, progressivement, selon Estelle Moltenis, kinésithérapeute du sport qui accompagne les chanteurs du CALYP. Une à deux séances par semaine, puis trois, puis cinq, avec un relâchement avant la première date. Ces séances s’ajoutent aux répétitions de danse et au coaching vocal.
Le sport suffit-il, ou faut-il chanter en même temps ?
Il faut chanter pendant l’effort. Un sport décorrélé du travail vocal ne crée pas le lien. Beyoncé et Taylor Swift ont chanté sur tapis de course, Lady Gaga chante sur le VersaClimber.
Pourquoi certains chanteurs se font-ils opérer vers quarante ans ?
La masse musculaire baisse d’environ 1 % par an après 40 ans, et ménopause comme andropause accentuent la fonte. Une technique construite uniquement sur la souplesse n’a plus de réserve pour compenser, et la contrainte se reporte sur les cordes vocales.
Pourquoi ma voix a-t-elle changé après mon accouchement ?
La ceinture abdominale s’est détendue. Tant que le muscle n’est pas revenu, le soutien manque. Un article détaillé sur la grossesse et la voix sera publié prochainement.